• Philippe Hutter

Les atouts des Français et Belges pour la mission transculturelle

Parler français ou être de culture française ou belge peut s'avérer être un atout en mission transculturelle.


Carte du monde de la francophonie © Illustration par Axtoche — Travail personnel, CC BY-SA 4.0. En vert : français langue minoritaire. En bleu clair : français langue seconde. En bleu : français langue officielle. En bleu foncé : français langue maternelle.

« Dans les décombres du colonialisme, nous avons trouvé cet outil merveilleux, la langue française » (Léopold Sédar Senghor, écrivain et ancien président du Sénégal). L’aventure coloniale, plus de 60 ans après avoir pris fin dans la douleur, continue à impacter en profondeur de nombreux pays dans le monde – mais la langue française, autrefois langue du colonisateur, constitue aujourd’hui un facteur d’identité commune à 300 millions de francophones sur les cinq continents, dans les 88 pays membres de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie).


Si son influence est réelle (4ème langue sur Internet et 5ème langue mondiale) l’usage du français est très divers : il est langue d’enseignement dans 36 pays membres (seule ou principale langue d’enseignement dans plus de la moitié d’entre eux) et, comme l’anglais, il est enseigné en tant que langue étrangère (FLE) dans tous les pays du monde.


En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, le français n’est ni langue officielle ni langue principale d’enseignement mais il est présent dans la vie quotidienne d’une partie de la population. Caleb Rome (directeur régional SIM pour l'Afrique du Nord et le Moyen Orient) ajoute : « De nombreux pays ont pour langue économique le français. Et c’est le cas pour 4 des 5 pays d’Afrique du Nord. C’est donc un avantage car même si les missionnaires francophones ne parlent pas la langue locale, ils seront compris par beaucoup dans le domaine dans lequel ils s’investiront. »


En Afrique subsaharienne non francophone, le FLE est particulièrement développé dans des pays anglophones (Nigéria, Ghana, Liberia, Rwanda), lusophones (Angola, Guinée-Bissau, Mozambique, Sao-Tomé-Et-Principe) ou hispanophones (Guinée équatoriale).


En Asie-Océanie, le français décroit dans le primaire et le secondaire, mais représente toujours un très fort potentiel dans le supérieur.


Mais le partage de la langue française n’est pas le seul facteur qui explique que les Français puissent jouer un rôle particulier dans les pays membres de la Francophonie. La longue présence française dans de nombreux pays a laissé en héritage une organisation de la société, inspirée de celle de la France, qui est encore perceptible dans l’éducation, le système judiciaire, l’administration ou encore la santé – un leader SIM au Vietnam explique : « de toute évidence, la France ayant été historiquement impliquée au Vietnam, les Français peuvent entrer plus facilement en connexion avec les besoins de personnel que nous avons ici. ».


De même, de nombreux missionnaires ayant servi en mission en Afrique de l’Ouest partagent l’intérêt des églises pour des missionnaires français. Lors de mes dix-huit années au Niger, j'ai moi-même entendu à de nombreuses reprises des responsables d’églises nigériennes dire : « Envoyez-nous des Français et des Belges ! ».


Évidemment, ce n’est pas la maîtrise de la langue et de la culture qui rendent, à elles seules, un ministère fructueux, mais elles contribuent grandement à le faciliter – et il serait malvenu de ne pas valoriser un atout qui, avantage supplémentaire, n’a demandé aucun effort autre que de naître, grandir et vivre en France !


Article issu du magazine S'IMMERGER#20.

> S'abonner à nos publications pour recevoir le magazine

60 vues0 commentaire