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Être français ou belge peut être un atout en mission - Zoom sur l'Afrique du Nord

Mis à jour : juin 28

Caleb Rome* est le directeur régional SIM pour l'Afrique du Nord. Il nous explique le contexte régional pour la mission et donne des raisons pour y envoyer des missionnaires francophones.


Caleb, dites-nous comment SIM en est arrivé à travailler en Afrique du Nord, alors qu'initialement, ce n'était pas une région du monde visé par notre organisation ?


Dans les années 2010, le leadership de SIM international priait pour revisiter la vision de SIM et un cœur particulier pour les « perdus » grandissait. À cette époque, Malcolm McGregor [ndlr directeur de SIM International de 2004 à 2013] m’a expliqué que le leadership de SIM avait réalisé que la mission est comme une pièce de monnaie. L’une des deux faces est le travail parmi les églises déjà établies et l’autre face est le travail pionnier. Ce travail pionnier c’est ce que notre organisation a vécu pendant ses 80 premières années d’existence, mais Malcolm confessait que nous devions dépoussiérer cette « face » de la pièce. Nous savions où nous devions aller pour accomplir cette mission et l’Afrique du Nord était l’un de ces endroits.

Les pays du nord de l'Afrique sont fermés au partage de la foi chrétienne. Comment peut-on faire la mission dans un tel contexte ?


Dans ces pays, la loi interdit le prosélytisme, ce qui signifie qu’il est défendu d’essayer de convaincre les gens de changer leurs croyances ou de les convertir. Nos collaborateurs ne font pas cela mais cherchent, comme la Parole dit, à être les témoins de Christ sur terre. Alors, ils présentent Celui qu’ils connaissent en n’ayant pas peur d’avoir le nom de Christ sur leurs lèvres, pour que les gens sachent ce qui les anime et les rend différents. Ils vivent d’une manière qui manifeste que Christ vit en eux. L’extraordinaire grâce de l’humilité qu’ils vivent chaque jour transparait et à mesure que les locaux apprennent à les connaître, ils leur posent des questions auxquelles nos collaborateurs peuvent répondre librement. Le prosélytisme est contre la loi et nous n’en faisons pas. Comment peuvent-ils donc être convaincus de suivre Jésus ? C’est le ministère du Saint Esprit. Il est Celui qui convainc de péché et qui amène à la repentance, et il n’y a aucune loi qui peut l’arrêter. Mais ce n’est pas notre travail, c’est le Sien !


La clé pour nos collaborateurs dans ces pays est que les communautés parmi lesquelles ils s’investissent voient leur valeur ajoutée pour la société

Dans quels domaines s'investissent les missionnaires SIM dans ces pays pour être des témoins de Christ ?


L’activité missionnaire est illégale dans ces pays. Nous envoyons des professionnels. Ces pays veulent des travailleurs qualifiés et Jésus a dit « la moisson est grande mais il y a peu d’ouvriers. » Ils veulent des gens qui viennent les aider à développer leur économie et leur culture. Nous avons donc des opportunités de venir légalement et de partager la bonne nouvelle dans ce cadre. Nous avons des opportunités pour des professionnels de s’investir dans des domaines d’activité variés de la société, à travers des ONG, mais la plupart du temps à travers des professions médicales ou sociales ou par le « Business as Mission ». Nous savons que nous pouvons avoir un bon impact dans le secteur économique. La plupart de nos premiers envoyés sont en train de commencer une entreprise sur place ou d’aider la croissance d’entreprises. L’entreprenariat est un formidable moyen pour favoriser des vies transformées par le Saint Esprit. Cela contribue à l’autonomisation économique des individus, mais laisse également une empreinte sociale positive dans les communautés. La clé pour nos collaborateurs dans ces pays est que les communautés parmi lesquelles ils s’investissent voient leur valeur ajoutée pour la société, et pas simplement qu’ils voient de gentilles personnes. C’est pour ça que nous cherchons des profils de collaborateurs aux compétences variées.


Parfois, des personnes ressentent un appel, mais ils n’ont pas l’amour. Il y a besoin des deux !

Justement, quelles compétences et quel savoir-être sont nécessaires pour travailler dans ce champ ?


Il faut un amour et un appel pour une culture qui n’est pas la sienne. Parfois, des personnes ressentent un appel, mais ils n’ont pas l’amour. Il y a besoin des deux ! Si SIM France-Belgique nous faisait rencontrer un candidat qui ne démontre pas une passion pour le ministère, ni de cœur pour les âmes perdues et d’amour pour les gens, malgré des atouts intellectuels et culturels importants, je ne pense pas que nous donnerions suite.

Ensuite, il est important que ces candidats se fassent former ou du moins s’informent sur la religion musulmane et la culture arabe afin qu’ils deviennent vraiment familiers à cette religion et à cette culture. Et l’apprentissage continuera bien sûr, une fois sur place. Le fait d’être de France ou de Belgique favorise cet apprentissage, car il n’est pas rare de côtoyer des arabes musulmans.


D’ailleurs, dites-nous quels sont les atouts des Français et des Belges pour travailler dans cette région du monde ?


De nombreux pays ont pour langue économique le français. Et c’est le cas pour 4 des 5 pays d’Afrique du Nord. C’est donc un avantage car même si les missionnaires francophones ne parlent pas la langue locale, ils seront compris par beaucoup dans le domaine dans lequel ils s’investiront. Les anglophones, eux, doivent apprendre une langue (français ou arabe) avant de commencer le ministère. Mais les Français et les Belges sont familiers avec l’Afrique du Nord. Par le colonialisme, et par l’immigration historique en France et en Belgique. Cela leur donne une meilleure compréhension culturelle et cela sera bénéfique pour notre organisation, à mesure que nous recrutons et plaçons des collaborateurs.


Quel genre de business cherchez-vous à lancer sur place ?


Nous sommes ouverts à toutes les idées entrepreneuriales. Nous cherchons à créer des entreprises de taille moyenne. Nous ne souhaitons pas créer un magasin de chaussures, par exemple, car il y a probablement déjà une boutique de ce genre dans le quartier et cela perturberait ses ventes. Cela aurait un effet négatif. Notre objectif est que l’entreprise créée puisse être structurée pour embaucher du personnel. Il y a besoin de personnes qui sortent des sentiers battus pour créer ou ajouter de la valeur à l’économie du pays.


Ce n’est pas parce qu'on devient missionnaire que nos compétences et expériences deviennent inutiles.

Quelles sont les spécificités du processus d’envoi de missionnaires en Afrique du Nord ?


Nous voulons que les églises et plus généralement les chrétiens, comprennent qu’il y a différentes façons de venir en Afrique du Nord et d’y vivre « normalement ». Ces façons sont habituellement centrées sur leur expérience. Ce n’est pas parce qu’on devient missionnaire que nos compétences et expériences deviennent inutiles. Au contraire ! Nous souhaitons que ces chrétiens voient les qualifications et compétences que Dieu leur a données et qu’ils cherchent la façon de les mettre en œuvre pour que celles-ci soient utiles pour la société nord-africaine. Les églises peuvent prendre une part pour mieux appréhender ce que sera la mission de demain.


Merci, Caleb.

* nom factice pour préserver la sécurité de la personne

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