• Vincent Wastable

Vivre Noël en mission : la parole aux missionnaires

Dernière mise à jour : il y a 14 heures

Comment vit-on Noël seul(e)s à des milliers de kilomètres de sa famille ? dans un climat qui ne rappelle en rien l’univers occidental de cette fête ? dans un contexte non-chrétien ? Nous donnons la parole à trois de nos unités missionnaires qui vivront encore, cette année, un Noël sur leur terrain d’opération.



Le moins que l’on puisse dire, c’est que fêter Noël dans un pays non-Occidental est une expérience singulière qui vaut le détour.


"la joie de célébrer la première venue du Christ et l’anticipation de sa seconde venue." Wendy Bastin

Wendy est infirmière et formatrice. Après de nombreuses années passées au Gabon, elle est depuis peu en mission à Madagascar. Elle a passé 7 Noël sur le terrain missionnaire. « Chacun d’eux était un moment unique et joyeux » relate-t-elle. La différence principale avec ce qu’elle connaît de l’Europe, c’est la météo et l’univers de cette fête. « La neige n’est clairement pas au rendez-vous en Afrique ! et l’ambiance commerciale est quasi-inexistante » pour son plus grand bonheur, elle qui a du mal à gérer la surconsommation à cette période, depuis qu’elle a connu le champ missionnaire. « Mais la venue d’Emmanuel, Dieu avec nous, est fêtée avec beaucoup de joie et d’empressement au sein des églises locales » a pu constater Wendy ; « chacun se prépare des semaines en avance pour apprendre un chant, un pas de danse et parfois des sketchs ! » Cela est la manifestation de « la joie de célébrer la première venue du Christ et l’anticipation de sa seconde venue. »

Même son de cloche à des milliers de kilomètres de là, dans la jungle de Papouasie-Nouvelle-Guinée, où vit depuis 8 ans la famille Tousch. Eux qui ont implanté une église parmi une tribu jusque-là sans accès à l’Évangile, font également état de l’opposition de style entre l’expérience française et locale de la célébration de Noël, et pour des raisons similaires. « Noël n’est pas un jour si spécial » là-bas selon André ; « le climat est étouffant et la boue constitue le décor principal puisque c’est la saison des pluies » explique-t-il. Il ajoute : « ici, personne ne croit au Père Noël et les enfants iskis ne reçoivent pas de cadeaux, ce qui est aussi le cas pour les anniversaires. » Le jour est considéré comme chômé dans le pays, ce qui permet aux Papous de fêter ce jour spécial, mais sans en connaître vraiment la raison… C’est d’ailleurs l’occasion pour beaucoup de s’enivrer.


Pour la famille, toutes ces différences sont favorables pour (re)considérer pleinement le sens chrétien de Noël : « en France, les gens fêtent Noël même s’ils ne croient pas en Christ et il y a une foule de coutumes qui n’ont rien à voir avec le message biblique de la Nativité. Une fois qu’on est coupé de tout cela, on est un peu obligés de se recentrer sur le vrai sens chrétien de cette fête. » Mais André de rappeler que « la venue d’Emmanuel, Dieu avec nous, est une réalité de tous les jours pour les chrétiens, pas seulement une occasion dans l’année. »


"Pour la population tchadienne, Noël c'est la fête des chrétiens" Céline Boni

Une autre famille sert Dieu dans un contexte culturel différent du sien. Il s’agit des Boni basés au Tchad depuis 2 ans. Ils partagent peu ou prou les mêmes pensées que Wendy et que les Tousch, mais apportent une perspective supplémentaire liée à leur contexte. « Pour la population tchadienne, explique Céline, Noël c’est la fête des chrétiens, ce n’est pas la fête des cadeaux ni des retrouvailles familiales. » Même s’ils ne le fêtent pas, les Tchadiens, musulmans à 55%, connaissent donc Noël et l’associent spontanément aux chrétiens, ce qui peut constituer un pont pour témoigner de la foi en Jésus, l’enfant Dieu né dans une étable. L’hôpital Guinebor II dans lequel travaillent Paul et Céline utilise d’ailleurs cette occasion : « l’hôpital organise une fête pendant laquelle un sketch sur le sens chrétien de Noël est joué » relate Céline.


Wendy explique qu’au Gabon « l’église utilise souvent ce temps de célébration pour faire du porte à porte afin d’inviter les non-croyants à se joindre aux festivités et pour évangéliser. »


Bien sûr, la question de l’éloignement de leurs proches inspire un peu de tristesse pour nos missionnaires. « Ce moment est parfois empreint de nostalgie » confie Wendy pour qui « ces moments, sont au même titre que les mariages, les anniversaires, et autres, des instants que l’on aimerait partager avec nos proches. » C’est le cas aussi pour les Boni qui voient cependant le bon côté des choses : « l’organisation est plus simple et moins stressante ici, et puis on est content de partager ces moments avec ceux qu’on côtoie pendant l’année et pour qui on a de l’affection ».


D’ailleurs, pour ce Noël, les Boni iront passer le 25 décembre dans une famille tchadienne de leur église. « Ce sera un instant privilégié pour apprendre à se connaître davantage tout en étant un témoignage pour l’environnement immédiat de cette famille, souvent entourée de non-chrétiens. »

Pour les Tousch, ce Noël sera spécial. Ils savent que c’est leur dernier sur le terrain, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, puisqu’ils rentreront définitivement en France, à la fin de l’année scolaire. « Même si être éloigné de nos familles nous rend un peu tristes, nous allons essayer d’en faire un moment joyeux et mémorable, bien que pour ce dernier, nous serons sur la base missionnaire de Goroka, et non parmi la tribu iski » annonce André.

Wendy sera, elle entourée de missionnaires pour son premier Noël à Madagascar : « avec Laure-Anne [ndlr : également missionnaire SIM], nous allons lancer une invitation à tous les collègues expatriés célibataires pour une soirée avec une touche alsacienne : des bredeles ! » de quoi ne pas perdre tous ses repères, elle qui vient de Wittenheim.


"C'est grâce à son exemple que nous pouvons [...] devenir l'un des leurs dans l'espoir qu'ils écouteront le message d'espérance de la Bonne Nouvelle !" André Tousch

Quand on ose les comparer à Christ qui a quitté sa gloire pour venir vivre parmi les Hommes, nos missionnaires font bien sûr preuve d’humilité. « Ce que Dieu a quitté de Sa gloire céleste pour devenir homme est loin de ce que moi j’ai quitté » relativise Wendy. Céline se déclare simplement « heureuse d’être une témoin, avec [son] mari, dans un contexte et une culture différents ». André de son côté, reconnaît bien l’analogie : « être missionnaire dans un pays pauvre, dans une culture si différente, dans un endroit si éloigné, ça nous donne une toute petite idée de ce que le Sauveur a enduré sur cette terre. C’est grâce à son exemple que nous pouvons, à bien moindre échelle, nous dépouiller de notre confort et devenir un des leurs, dans l’espoir qu’ils écouteront le message d’espérance de la Bonne Nouvelle ! » Après tout, c’est bien cela Noël pour nous chrétiens : un message d’espérance incarné par Jésus-Christ qu’il nous appartient de partager !


Alors joyeux Noël à tous, que Dieu vous comble d’espérance et de joie en repensant à la première venue de Christ et en anticipant déjà sa deuxième venue !


Priez pour nos missionnaires, pour que Dieu les encourage dans cette période et permette des occasions pour eux de témoigner de la Bonne Nouvelle incarnée par Emmanuel !


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