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La pluie dans un pays aride...

...c'est un peu comme la neige à Marseille.


Un an après les terribles inondations qui ont touché Niamey, nous vous proposons de lire le témoignage d'un de nos missionnaires sur la saison des pluies qui affecte le quotidien de la population.


Une rue inondée dans le quartier où vit le missionnaire

À Niamey, lorsqu’il pleut, tout s’arrête. Les rues habituellement grouillantes de vie se vident d’un seul coup, et le temps reste suspendu jusqu’à la fin de la pluie.


Ce n’est pas qu’il soit impossible de sortir par temps de pluie : bien souvent, il suffirait d’ouvrir un parapluie pour que la vie continue ! Il s’agit plutôt d’une convention sociale, qui considère comme légitime une absence ou un retard de plusieurs heures au travail « à cause de la pluie ». Même quand la pluie est déjà finie depuis un moment !

C’est désarmant, mais on s’y fait ! Et au dispensaire, on s’en réjouit même, quand on anticipe la journée calme qui s’annonce un matin pluvieux.


Il faut reconnaître qu’il est plus facile pour certains, comme nous missionnaires, d’affronter la pluie en 4x4, bien à l’abri… et sans craindre de traverser les immenses nappes d’eau sur le chemin, ne sachant pas où se trouvent les nombreux trous ni leur profondeur… D’ailleurs, beaucoup de nos collègues nigériens qui n’ont pas de véhicule se déplacent en taxi, et habitent comme nous dans des quartiers périphériques, loin du « goudron ». Attendre le taxi peut déjà être très long en temps normal, mais l’attendre sous la pluie, alors que très peu circulent…


Au Niger, la pluie est avant tout synonyme de récoltes abondantes. Elle apporte également un peu de fraîcheur, toujours très attendue après neuf mois sans pluie. Et avec le temps de repos imprévu qu’elle offre aux travailleurs, elle est finalement une triple bénédiction !


Mais une journée de pluie risque également d’empêcher le petit commerçant du bord de la route de rapporter les quelques francs qui devaient permettre à sa famille de manger le lendemain… quand elle ne fait pas s’écrouler sa maison aux murs d’argile ! C’est l’autre réalité du pays en cette saison : les dégâts sont toujours importants, surtout dans les quartiers les plus pauvres. Et il y a des victimes presque chaque année, que le fleuve sorte ou non de son lit comme l’an dernier.


Que Dieu permette que cette saison des pluies se finisse sans encombre pour tous ceux qui ont été épargnés jusque-là ! Merci à tous ceux qui prient pour ce pays.



> (re)lire le témoignage de missionnaires après les inondations records de 2020

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